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Une vache new-age

22 août 2011 dans Non classé

Il n’y a pas si longtemps de ça, j’achetais quotidiennement chez mon fermier, mon petit litre de lait d’excellente qualité. Malheureusement, le monde agricole s’est, en quelques décennies, radicalement transformé et les petites fermes ont été littéralement englouties par  les « monstres » de l’agro-alimentaire. Difficile de survivre face à des entreprises complexes qui possèdent une force matérielle ultra moderne couvrant de larges étendues.

Mais heureusement pour nous, les temps changent et les petites structures d’antan refleurissent nos campagnes. Certes, elles sont remises un peu au goût du jour mais elles ont le mérite de nous offrir des produits frais aux saveurs authentiques. Dans ma douce Vendée, et ce, depuis cinq ans, on ne compte pas moins de 25 % d’agriculteurs qui choisissent tous les ans, de se convertir au bio. Tous ces fermiers proposent des ventes directes à la ferme et certains vous invitent même à cueillir vos propres fruits et légumes. D’autres possèdent des petits magasins, créent des coopératives et distribuent des paniers garnis… bref, il existe toutes sortes de formules et une multitude de produits sains.

Acheter local est un excellent moyen de rompre avec la concurrence déloyale des grandes surfaces dont le but est d’augmenter leurs profits au détriment de la qualité. Évidement, vous n’entendrez jamais un de ces groupes clamer haut et fort la mauvaise qualité de leurs marchandises, bien au contraire. Je m’interroge souvent lorsque je déambule dans les rayons à la recherche d’un produit moins néfaste que les autres. Impossible d’avoir des informations claires et précises sur leur composition, à moins d’avoir du temps à perdre, une loupe et des connaissances en pharmacologie ! Croyez moi, ces magasins sont une réserve de produits regorgeant de toxiques nocives à notre organisme.

Par exemple, dans les biscuits, il faut savoir que le beurre est remplacé par des graisses végétales ou transformées. La dessus, sont rajoutés des parfums exotiques issus d’un procédé chimique, autorisés certes, mais non naturels.

Lorsque vous achetez un super cassoulet en conserve portant la mention « mis en boîte en France », sachez qu’il n’a surement pas été élaboré sur notre territoire. A partir du moment où dans la chaîne de fabrication, une seule opération a été effectuée en France, la loi autorise l’appellation d’origine Française. Un bon steak de viande charolaise provient rarement de nos élevages régionaux. Cependant, on vous affirmera l’inverse. Et oui, la viande vient très souvent d’Argentine dont les cahiers des charges, les lois et les obligations sont très différentes de chez nous; il va sans dire que nous sommes dans l’ignorance la plus totale quant à la qualité de cette viande là.

Le lapin d’élevage, quant à lui, est un réservoir d’antibiotiques… vous consommerez autant de médicaments que de viande. Dire qu’on nous fait l’éloge des vertus de la viande blanche ! Pour les laitages, il en va de même. Le lait pasteurisé ne présente qu’un avantage : sa conservation. C’est certain, il ne tournera pas en lait caillé, mais concernant ses valeurs nutritives, c’est une autre histoire. Autant vous dire que ce sont des valeurs mortes puisque le processus de stérilisation a déjà tué tous les nutriments. Dans tous les produits proposés sur les étalages, il y a au minimum un composant qui vient de Chine, pays dont les normes sanitaires sont aux antipodes des nôtres… il y a de quoi se poser des questions.

Malheureusement, il est triste de constater que même les restaurateurs, par manque de temps et de personnel, ont recourt à des produits congelés ou pire, en boîte. Seul les établissements affichant « maitre restaurateur » vous garantissent un repas préparé avec des produits frais du jours. Mais je dois tout de même avouer qu’ils sont peu nombreux mais que la tendance est à la hausse. Le « naturel » revient tout doucement dans nos assiettes.

Il faut en finir avec le concept de la grande distribution ! L’industrie agroalimentaire rivalise d’ingéniosité pour satisfaire les consommateurs à grand coup de marketing. Selon la tendance, on crée des produits « parés » de mille et une vertu : beurre enrichi aux Omégas, yaourt au bifidus etc. En réalité ce n’est que du vent car tous ces produits sont méticuleusement choisis pour nous séduire. Nous croyons acheter des denrées alimentaires aux pouvoirs magiques alors que la réalité est ailleurs !  Si l’on est un tantinet curieux, on aura tôt fait de comprendre que ces présumés adjuvants miraculeux existent naturellement. Antioxydants,  vitamines, oligoéléments et les acides aminés sont présents dans une multitude de fruits, de légume et de poissons. Il suffit de s’informer et surtout de varier son alimentation afin de couvrir nos besoins.

Bien manger est à la portée de tous, mais cela nécessite une réflexion sur notre approvisionnement. Il faut accepter de modifier ses habitudes et penser ses courses autrement. Ce petit effort permettra de faire toute la différence et vous procurera plaisir gustatif et visuel.

Il est facile aujourd’hui de s’approvisionner chez nos agriculteurs surtout que notre belle France est une mine d’or. Cependant, un des produits de première nécessité est encore difficilement accessible en vente directe : le lait. Cela vient du fait que pour satisfaire la clientèle, il faut être très disponible… bien rares sont les fermiers qui le sont. Cependant, depuis peu, c’est la ferme qui vient à nous grâce à un système ingénieux : le distributeur automatique de lait bio ! Il s’agit d’une centrale réfrigérée, généralement placée aux abords d’une grande surface, approvisionnée chaque matin après la traite. D’un côté, il y a les bouteilles vendues, et de l’autre, le libre service. On glisse sa monnaie, une trappe s’ouvre et on enfile le goulot de la bouteille. Pendant le plein laitier, on entend une vache meugler (sauf le jour du seigneur) qui s’arrête lorsque la bouteille est pleine. Ce distributeur est accessible 24h/24 et 7j/7… pratique quand on débauche tard ou quand on a oublié d’acheter son lait. Cette idée nous vient de nos voisins Italiens qui en avaient assez de voir la marge de leur bénéfice s’amenuiser. A titre indicatif, le lait au distributeur coûte 1, 10 euros, à peine plus cher qu’un lait cru acheté au rayon frais et qui ne sera pas forcément bio. Depuis quelques temps, l’implantation de ces distributeurs automatiques augmentent non seulement à la campagne, mais aussi dans les grandes villes comme Bordeaux… de quoi ravir les citadins en manque de verdure ! Je peux vous dire que je fais des laitages qui ravissent le palais de mes gourmands et que certains de nos hôtes découvrent un goût un peu oublié.

Le but de mon article n’est certainement pas de vous décourager, loin sans faut. Nous autres consommateurs, sommes la proie de fournisseurs peu scrupuleux, mais rappelez-vous, ce que nous mettons dans nos assiettes est primordial pour notre santé. L’alimentation est le carburant de notre corps : bien nourri, il est plus résistant.



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Une nounou pour Tobby

11 juillet 2011 dans Chez Anne-Marie

A force de lire mes longs et nombreux articles sur ma vie vendéenne, vous connaissez à présent mon petit univers et les occupants de ce dernier. Mais voilà, depuis peu, il y a du nouveau, ou plutôt, UN nouveau : un compagnon à quatre pattes, tout fraîchement arrivé que j’ai baptisé Goya.

Tobby, mon setter anglais, pleurait son alter ego Swentie depuis l’automne dernier, décédée suite à un violent choc sur la tête. Sortant brutalement d’un parterre, Swentie a heurté l’arrière du véhicule de ma fille et a succombé dans les minutes qui suivirent, nous laissant dans un grand désarroi.

Vous vous doutez bien que dans les jours qui suivirent cette perte, je me suis mise à penser au futur. J’annonçai donc à mes proches que j’envisageais de trouver un nouveau compagnon pour Tobby, très perturbé par la disparition de sa copine… évidemment, ce n’était pas l’unique raison; j’avais moi aussi le désir ardent de combler cette place vacante.

Ne voulant pas adopter la même race que celle de ma regrettée Swentie (afin de ne pas faire de transfert ni de comparaison), je creusais un peu plus le sujet et finis par m’orienter vers une race plutôt placide : le bouvier Bernois. Le souci, et non des moindres, c’est que je n’en trouvai point dans ma région ou aux alentours. Je poursuivais donc avec assiduité mes recherches et trouva enfin mon bonheur : un adorable berger Australien.

Pendant que dans le plus grand des secrets je cherchais le chien idéal pour accompagner mon setter, lui, de son côté, me donna un sérieux coup de patte…  je pouvais enfin m’appuyer sur le fait que je n’étais pas seule désireuse d’avoir un autre toutou. L’absence de Swentie conduisit Tobby à fuguer de plus en plus. Il partait de bon matin rejoindre au village d’à côté sa sœur avec laquelle il passait le plus clair de son temps. Tout le monde connaissait et aimait mon Tobby; du coup, on ne lui disait rien, sauf que pour nous, la situation devenait critique.

Tous les jours, mon mari Gégé avait pour mission de récupérer notre setter qui, bien évidement, refusait catégoriquement de le suivre… et oui, Tobby ne répond qu’à son maître, et son maître, c’est moi ! Après bien des tentatives pour séduire ledit fugueur, qui courait à travers champs dès que la voiture arrivait, le pauvre Gégé démissionna de sa tâche journalière, las de rentrer bredouille. Il fallait donc attendre que je termine mon travail pour le récupérer, mais là encore, il fallait que Monsieur Tobby soit bien disposé. Évidemment, il ne consentait à rentrer qu’à une heure avancée de la soirée. Je partais donc récupérer mon setter vers 22h seulement, et croyez moi, j’en avais ras le bonbon !

Ayant prit goût à la liberté, Tobby se plaisait à gambader à travers les champs. Le problème fut que l’agriculteur du coin ne voyait pas d’un très bon œil les escapades de mon chien. Il craignait que celui-ci lui n’occasionne des dégâts sur ses vaches, alors que Tobby s’en moquait éperdument. En bon chien de chasse, son plaisir était tout simplement de fureter dans les fourrés, mais la lubie de mon voisin devint très vite une menace et j’augurais le pire. Je tins conciliabule avec Gégé, ne pouvant laisser cette situation en l’état :

- « Bon, il va falloir réagir. Le père Joël est remonté comme une pendule ! Dès qu’il me voit avec le chien, il peste ! Si d’aventure il y a un problème, ce sera forcément Tobby le fautif et il n’ira pas chercher plus loin et cela, je ne le veux pas. Par contre, j’ai trouvé la solution. Comme tu as pu le constater, il fugue pour aller jouer avec sa sœur et en profite aussi pour visiter la campagne, alors j’ai décidé de lui offrir une nounou ».

-  » Une nounou à quatre patte je présume« , me dis mon mari.

- « Tu as tout compris.  Depuis quelques semaines, je me creuse la cervelle et je viens de lui trouver le compagnon idéal, un berger Australien. Il aura toutes les qualités requises pour effectuer son rôle de nounou« .

- « Ben ça, c’est pas banal ! Et tu crois que ça va marcher » ?

-  » Te fatigue pas ! Je sais comment m’y prendre et je vais l’éduquer pour qu’il garde le Tobby; après tout, un berger garde les troupeaux de bétails… le mien gardera son pote ».

Je contactais dans la foulée une éleveuse de berger Australien, et la chance fût de mon côté. Elle avait justement une portée de chiots prévue pour le mois de février… il suffisait que je patiente un peu !

Pendant que je rêvais de notre nouvel ami, le cas de Tobby ne s’arrangeait pas. A mon grand désespoir, je dus prendre une résolution drastique : l’attacher. J’étais persuadé qu’il existait un moyen d’améliorer les conditions de Tobby, mais n’en trouva aucun, jusqu’à ce que Gégé m’apporte la solution :  un système de clôture électrique avec un collier qui obligerait Tobby à rester sur un territoire délimité… il suffit de chercher sur internet me dit il !

- « Mais pourquoi tu ne me l’as pas dit plus tôt ? Il y a bon temps que j’aurais réagis ! Tu te rends compte que cela fait presque une année que je fais des pirouettes pour protéger Tobby » !

- « Ben c’est maintenant que je le réalise. C’est en regardant un article sur la clôture des chèvres que l’idée m’est venue ».

Ignorant l’existence de cet article, je fus abasourdie par la nouvelle « mais pourquoi on ne m’a rien dit ? » Simplement par ce que mon entourage supposa que j’avais de bonnes raisons de ne pas opter pour ce système.

En deux clics, le tour fut joué et trois jours plus tard, Gégé délimita un hectare de terrain généreusement alloué à Tobby. L’affaire fit son effet mais la première décharge perturba tant le chien qu’il resta prostré durant plusieurs semaines, n’osant à peine sortir de la maison, sauf pour la promenade… il fut bien calmé le bougre !

Plutôt troublée par le comportement de mon setter, j’attendais l’arrivée de Goya avec fébrilité, espérant qu’elle sorte mon Tobby de sa léthargie. Un dimanche après-midi, j’appris enfin la naissance de Goya… encore quelques mois d’attente et ce petit berger australien rejoindrait sa future famille, toute aussi impatiente que moi.

Lors d’un contrôle routinier chez le vétérinaire, je narrais les diverses aventures du patient anglais et la très proche arrivée de la nounou sur pattes. Riant sous cape, mon vétérinaire n’omit pas de me dire, narquois, que j’aurais très prochainement deux grands enfants à m’occuper… hum… ça promet me dis-je !

Le jour J arriva enfin et Goya fit son entrée dans le monde d’Anne Marie et de Gégé. Toisant de haut au départ le nouveau venu, Tobby manifesta une courte pointe de jalousie. Cependant, après les présentations usuelles, il adopta, à mon grand soulagement, son nouveau compagnon.

Après avoir épluché le dossier du berger australien, je connaissais par cœur ses caractéristiques. J’ai très vite compris que j’avais affaire à un chien remarquablement futé et intelligent avec lequel il fallait rien céder. En très peu de temps, les deux chiens devinrent les meilleurs copains du monde, mais de nounou, il n’en fut rien ! En revanche, comme commis pour Tobby pour faire des bêtises, alors là, c’est parfait… il est vrai qu’à huit pattes, on avance plus vite !

Depuis lors, mon jardin est devenu un terrain de jeu idéal; mes plantations souffrent le martyre et les chaussures et tout ce qui traîne par omission sont des jouets parfaits. Quant à moi, je tempête et vitupère en attendant que ces deux acolytes s’assagissent, si tant est que cela devienne possible. Mais au fond, je ne regrette rien de cette belle aventure même si parfois elle présente quelques inconvénients. Il faut dire que Goya est superbe, canaille à loisir et quand il dort, on dirait qu’il sourit. Mais en plus de toute la joie qu’il me procure, il redonné à Tobby son dynamisme et le bonheur d’avoir un compagnon de jeu.

Anne-Marie

Petite précision concernant le berger Australien : si cette race vous séduit, sachez que c’est un chien comme tous les bergers qui ne supportent pas la solitude. Posséder un grand terrain ne suffit pas au bonheur de votre chien. Il y aurait toutes les chances pour que votre chien fasse de la dépression ou qu’il développe des troubles du comportement. C’est une race qui a besoin de son maitre tout le temps, curieuse, superbement intelligente mais aussi très têtue. Il faut imposer des limites dès le départ et ne pas se contredire. Bien éduqué, le berger Australien sera un compagnon fidèle qui ne cherchera qu’à faire plaisir à son maitre. Du reste, il apprend facilement et est très demandeur, en revanche, c’est un chien de grands espaces. Il est donc à proscrire si vous vivez en appartement. Même si un chien est beau et qu’il vous plaît, il convient de choisir la race qui s’adaptera à votre mode de vie; cela vous évitera des déceptions, car malgré tout, un chien a des exigences dont il faut tenir en compte.



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Un malicieux cochon fugueur

21 janvier 2011 dans Coup de coeur

Voici une vraie histoire de ma campagne vendéenne qui va en amuser plus d’une !

Un malicieux cochon fugueur

Il y a quelques années de cela, disposant d’un vaste terrain que les moutons du voisin entretenaient, vint le jour où le propriétaire décida de les changer de pâturages… certains connurent le triste sort de finir en couscous. Ce posa alors la question de l’occupation du pré, vaste souci pour nous qui jusqu’à lors, ne nous avait pas effleuré l’esprit. Il est vrai que cet arrangement de bon voisinage nous éloigna de cette préoccupation. Nos tondeuses biologiques parties, il nous fallut réfléchir au problème. Nous avions souvent évoqué le désir de réaliser une basse cours mais sans jamais nous attarder vraiment sur le dossier. Nous étions à cette époque tellement investis dans les travaux de rénovation de la maison que tout resta au stade d’un hypothétique projet, mais acculé devant le fait accompli, nous ne pouvions que nous pencher sérieusement sur l’affaire. Deux possibilités s’offraient donc à nous :  laisser le terrain en friche (cette solution fut très vite écartée) ou concrétiser notre envie…c’était le moment ou jamais.
Après bien des conciliabules avec Gégé (mon mari) sur le sujet de notre basse cours et sa mise en place,  il ne nous restait plus qu’à acquérir les futurs occupants. La gazette de la commune nous donna l’opportunité d’accomplir notre souhait dans des conditions optimales, jugez vous même :
Un article mentionnait une foire aux volailles organisée par une association qui avait pour but de préserver et protéger des espèces en voie de disparition. Trépignant de joie, nous voilà tous deux déjà propulsés d’un seul bond dans l’achat de nos volatiles. De bon matin ce dimanche là, après une nuit plutôt agitée car nous avions hâte de découvrir ces petits trésors, nous voilà au beau milieu de la salle des fêtes, explorant avec curiosité tous les stands, dans un vacarme intempestif tant les volatiles s’égosillaient à coeur joie. Toute bourse déliée nous achetâmes, poules, oies et un superbe coq de combat asiatique, prirent en suplément une carte d’adhérent, mais le clou de nos emplettes se situa sur un cochon, dont nous tombâmes de suite amoureux. Dans un parc,  quatre petits cochons noirs du Vietnam attendaient des futurs adoptants, et  ne résistant pas à leur charme, « Pornic » parti avec nous dans une boite en carton. Une fois arrivés à la maison, nous installâmes tout ce petit monde, fiers et forts émus de nos nouveaux colocataires qui prirent rapidement leurs marques. Ce fut pour nous le début d’une longue épopée, endossant ainsi le rôle de paysans néofites qui bien sur allait nous proccurer bien des joies, bien des surprises mais aussi fatalement des échecs, car en débutant non avertis les erreurs de parcours font légion, mais c’est comme cela que l’on apprend. Les jours passaient et notre Pornic vivait joyeusement avec la tribu des gallinacés, couchant dans un coin de la bergerie et partageant son repas avec ces derniers. Les poules prenaient plaisir à grimper sur le dos de notre goret (non du cochon en patois Vendéen), le débarrassant de ses hôtes parasites qui aux beaux jours venaient s’installer sur son cuir.. Bref, tout allait bien dans le meilleur des mondes. Jusqu’au jour ou Pornic décida de partir à la conquête du monde… ce fut le début des ennuis !

A notre insu, monsieur se sauvait, mais le malin revenait pour l’heure du dîner, et notre voisin nous informa que notre ami se promenait à travers les champs. Nous avions vérifié car cela nous paraissait bien suspect, au point où nous nous posions la question : peut-être est-t’il bigleux (le voisin, pas Pornic) ? N’a-t-il pas confondu avec un sanglier?
Pour en avoir le coeur net, nous épions le suspect et croyez moi cela nécessita bien du temps avant de tomber sur la preuve irréfutable ! Il fallut se rendre à l’évidence : Pornic fuguait et très subtilement en plus ! Tantôt il était paisiblement couché sous le chêne, tantôt il disparaissait, mais jamais nous ne trouvâmes par quelle voie il s’évadait… ce fut pour nous le grand mystère et le resta.


Nous avions cependant trouvé la parade, achetâmes un grillage et Gégé s’empressa de lui confectionner un parc. Mais voilà, entre temps, le ton montait et le bruit de la rumeur avait atteint la mairie. Les choses se compliquaient et je voyais arriver le jour où les sanctions allaient tombées. Les paysans de la contrée ne se gênaient pas pour nous colporter toutes sortes de « quand dira t’on », et la menace existait sérieusement et planait au dessus de nos têtes. Pas loupé ! Un courrier émanant de la société de chasse arriva, nous intimant de contenir notre cochon, faute de quoi, une battue serait ordonnée. Je voyais déjà mon cochon en pâté et saucisses finir dans les assiettes des petits vieux de la maison de retraite… cette idée m’était carrément insupportable. Gégé, vert de rage à la lecture de cette missive,  couru s’entretenir avec le conseiller municipal :

 » Votre cochon chinois est sans cesse en divagation et les chasseurs craignent qu’il se reproduise avec des laies. »

Gégé remonté comme une pendule le reprit :

 » D’abord, ce n’est pas un cochon Chinois, le mien, c’est un Vietnamien, ensuite comme voulez vous qu’il saute des laies ? elles sont sauvages ! il ne va pas les approcher comme ça, les mâles vont défendre leur femelles qu’est ce que vous croyez vous? »


Après une sérieuse dispute, chacun défendant son bout, on accorda à Gégé huit jours et pas un de plus pour gérer le problème.
Ayant choisit une clôture de luxe, orange avec des petits noirs, nous installâmes notre fugueur dans son parc. Je trouvais d’ailleurs qu’elle lui allait fort bien au teint car elle était en accord avec sa couleur, mais mon cochon ne fut de mon avis.  Il reprit ses fâcheuses habitudes, réussissant à passer au travers de la clôture électrique et cela me valut un épisode truculent que je vous narre.
Un voisin pas très fini, « un peu juste » comme on dit dans le pays, débarqua tout droit dans ma cours… enfin presque tout droit ! L’homme gesticulait, perché sur sa mobylette qui tanguait autant que lui… pour cause, il avait bu plus que de raison. Penché comme la tour de Pise il m’accosta :

 » Ben, vlà, y’a le Pornic qué chez mo, fo v’nir le chercher »

Réprimant un sérieux fou rire, je suivi l’homme campé sur sa mobylette bleue qui oscillait de droite à gauche, tout en me faisant de grands signes avec ses bras qui battaient l’air comme des moulins à vent.

« V’enez o lé por là »

Après un périple à travers les champs, jouant à cache cache avec ce coquin de Pornic qui avait bien compris ce que je lui voulais, je traversais le village sous le regard médusé et amusé des paysans. Pornic devant qui trottinait sur le chemin du bercail, et moi, derrière avec un grand bâton.
Le temps pressait et il fallait sauver Pornic de la tuerie. J’eus beau m’entretenir avec lui, le mettant en garde contre les vilains, rien n’y faisait; il ne m’écoutait pas… Monsieur me narguait avec sa suprême arrogance !

Heureusement, un appel à l’aide sauva le cochon d’une mort certaine; on me proposa une épouse pour Pornic. J »espérais que cette dernière le convaincrait  de cesser ses impétueuses fugues, me souvenant ce que disait ma grand mère :

« Ma petite fille, les garçons, une fois qu’ils  sont attelés en couple, ça les calment ».

Je pensais que si c’était vrai pour les humains, après tout, cela pouvait bien fonctionner pour les animaux, du moins, je le souhaitais. Madame, baptisée Arlette,   arriva à grand train, et dès le premier regard, je compris que cette nouvelle compagnie allait séduire mon Pornic. Il s’empressa de lier un brin de conversation à sa manière. Une fois les présentations faites et quelques politesses courtoises, sans vergogne, il lui fit sa fête et sous nos yeux cet indécent !


Nos cochons amoureux, unis comme les doigts de la main restèrent paisiblement dans le parc, et de cette union naquirent cinq enfants. Depuis lors, Pornic n’éprouva plus l’envie de fuguer. Tout rentra dans l’ordre et c’est ainsi que la méchante rumeur s’éteignit et que je me suis dit que ma grand-mère avait raison !
Le bon sens proverbial de nos campagnes à toujours une vérité et je l’écoute toujours avec attention. C’est ainsi que dans certains pays, on dit que lorsque qu’un ancêtre meurt, c’est une bibliothèque qui brule et qui part en fumée. Il est important pour moi de transmettre le savoir des aïeux, de l’appliquer et de l’enrichir.

Anne-Marie



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Recette de la semaine : Gâche

29 avril 2010 dans Recettes de cuisine

Ma gâche Vendéenne

La gâche, produit typique de la Vendée, est une sorte de brioche à la mie plus serrée que sa cousine, mais aussi plus riche en beurre. Traditionnellement, elle apparaissait aux fêtes de Pâques, mais aujourd’hui, on en trouve toute l’année.

Ingrédients : 600g de farine pour la pâte (prévoir un peu plus pour le pétrissage), 4 oeufs, 200ml de lait tiède, 200g de beurre,120g de sucre en poudre, 3 cuillères à café de sel, un peu d’alcool pour parfumer, 2 sachets de levure de boulanger et de l’huile de coude!! Important : tous les ingrédients doivent être à température ambiante, et respectez la chronologie des opérations, faute de quoi, votre brioche ne lèvera pas.

Recette :

Faites légèrement tiédir le lait et mettez le au fond d’une grande bassine. Ajoutez le sel, la farine et le sucre. Creusez un puits, cassez les œufs un à un, puis ajoutez la levure. Mélangez vivement le tout. Pétrissez la pâte jusqu’à ce quelle se décolle (si besoin, rajoutez de la farine). Quand votre pâte est bien pétrie (elle doit être souple, élastique et douce), incorporez petit à petit le beurre mou et l’alcool. Si la pâte colle, rajoutez de la farine. Ensuite, pétrissez à nouveau votre pâte, puis posez un linge dessus et laissez la reposer (elle doit doubler de volume). Une fois gonflée, pétrissez là à nouveau, étirez là, et repliez là plusieurs fois. Pétrissez, étirez et pliez ainsi de suite puis jetez là sur le plan de travail et renouvelez le pétrissage. Au bout de dix minutes environ, votre pâte sera prête. Sur un plat, disposez du papier sulfurisé. Donnez une forme oblongue à votre gâche et laissez là reposer à nouveau durant une heure en la recouvrant d’un linge (votre pâte va de nouveau gonfler).  Au bout d’une heure, faites préchauffer le four dix minutes. A l’aide d’un couteau, faites des fentes en biais sur votre brioche (cela permettra à la mie de s’exprimer), dorez là au jaune d’oeuf, enfournez et faites cuire environ 30min à 200°C (rallongez le temps si besoin). Pour vérifiez sa cuisson, il vous suffira de piquer une aiguille au coeur de votre brioche; si elle ressort sèche, votre gâteau sera cuit. Elle se conserve très bien, mais  une fois froide, mettez là dans une poche plastique. Bon app’!

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Tempête Xynthia : La Vendée touchée de plein fouet

15 mars 2010 dans Divers

Merci à tous ceux d’entre vous qui avez témoigné de votre soutien à la Vendée et à mon auguste personne. Vous êtes nombreux à vous être manifesté. Collègues et clients se sont inquiétés et interrogés sur mon sort et celui de mes congénères. Vous le savez par les médias, les dégâts furent conséquents mais pire encore, les pertes humaines ont endeuillé la Vendée. La tempête était annoncée, tout le monde était sur ses gardes, seulement voilà, les choses ont viré au noir et au drame. Ce dernier aurait put être minimisé, mais les erreurs humaines sont une fois de plus à l’origine de cette catastrophe. Des maisons construites en zone inondable, des digues non entretenues et des canaux non curés, voici les ingrédients qui nous valent de déplorer aujourd’hui des décès et dégâts qui ne resteront pas sans conséquence!! Le choc psychologique étant le plus redoutable, les familles auront bien du mal à se reconstruire. Le second choc à amortir sera le coût des frais occasionnés par la tempête et celui à venir pour remettre tout en état. Sur le plan économique, l’addition sera salée et pèsera lourd pour la bourse du contribuable que nous sommes tous. Tant que l’homme provoquera la nature, tant qu’il tentera de la dompter et de la contrarier, nous connaîtrons encore des catastrophes, car la nature, tôt ou tard, reprendra ses droits. Ne l’oublions pas, nous sommes les locataires de cette terre, prenons en soin et sachons vivre avec notre environnement en le respectant. La nature est généreuse mais ne supportera jamais que nous la maltraitions.