Il n’y a pas si longtemps de ça, j’achetais quotidiennement chez mon fermier, mon petit litre de lait d’excellente qualité. Malheureusement, le monde agricole s’est, en quelques décennies, radicalement transformé et les petites fermes ont été littéralement englouties par les « monstres » de l’agro-alimentaire. Difficile de survivre face à des entreprises complexes qui possèdent une force matérielle ultra moderne couvrant de larges étendues.
Mais heureusement pour nous, les temps changent et les petites structures d’antan refleurissent nos campagnes. Certes, elles sont remises un peu au goût du jour mais elles ont le mérite de nous offrir des produits frais aux saveurs authentiques. Dans ma douce Vendée, et ce, depuis cinq ans, on ne compte pas moins de 25 % d’agriculteurs qui choisissent tous les ans, de se convertir au bio. Tous ces fermiers proposent des ventes directes à la ferme et certains vous invitent même à cueillir vos propres fruits et légumes. D’autres possèdent des petits magasins, créent des coopératives et distribuent des paniers garnis… bref, il existe toutes sortes de formules et une multitude de produits sains.
Acheter local est un excellent moyen de rompre avec la concurrence déloyale des grandes surfaces dont le but est d’augmenter leurs profits au détriment de la qualité. Évidement, vous n’entendrez jamais un de ces groupes clamer haut et fort la mauvaise qualité de leurs marchandises, bien au contraire. Je m’interroge souvent lorsque je déambule dans les rayons à la recherche d’un produit moins néfaste que les autres. Impossible d’avoir des informations claires et précises sur leur composition, à moins d’avoir du temps à perdre, une loupe et des connaissances en pharmacologie ! Croyez moi, ces magasins sont une réserve de produits regorgeant de toxiques nocives à notre organisme.
Par exemple, dans les biscuits, il faut savoir que le beurre est remplacé par des graisses végétales ou transformées. La dessus, sont rajoutés des parfums exotiques issus d’un procédé chimique, autorisés certes, mais non naturels.
Lorsque vous achetez un super cassoulet en conserve portant la mention « mis en boîte en France », sachez qu’il n’a surement pas été élaboré sur notre territoire. A partir du moment où dans la chaîne de fabrication, une seule opération a été effectuée en France, la loi autorise l’appellation d’origine Française. Un bon steak de viande charolaise provient rarement de nos élevages régionaux. Cependant, on vous affirmera l’inverse. Et oui, la viande vient très souvent d’Argentine dont les cahiers des charges, les lois et les obligations sont très différentes de chez nous; il va sans dire que nous sommes dans l’ignorance la plus totale quant à la qualité de cette viande là.
Le lapin d’élevage, quant à lui, est un réservoir d’antibiotiques… vous consommerez autant de médicaments que de viande. Dire qu’on nous fait l’éloge des vertus de la viande blanche ! Pour les laitages, il en va de même. Le lait pasteurisé ne présente qu’un avantage : sa conservation. C’est certain, il ne tournera pas en lait caillé, mais concernant ses valeurs nutritives, c’est une autre histoire. Autant vous dire que ce sont des valeurs mortes puisque le processus de stérilisation a déjà tué tous les nutriments. Dans tous les produits proposés sur les étalages, il y a au minimum un composant qui vient de Chine, pays dont les normes sanitaires sont aux antipodes des nôtres… il y a de quoi se poser des questions.
Malheureusement, il est triste de constater que même les restaurateurs, par manque de temps et de personnel, ont recourt à des produits congelés ou pire, en boîte. Seul les établissements affichant « maitre restaurateur » vous garantissent un repas préparé avec des produits frais du jours. Mais je dois tout de même avouer qu’ils sont peu nombreux mais que la tendance est à la hausse. Le « naturel » revient tout doucement dans nos assiettes.
Il faut en finir avec le concept de la grande distribution ! L’industrie agroalimentaire rivalise d’ingéniosité pour satisfaire les consommateurs à grand coup de marketing. Selon la tendance, on crée des produits « parés » de mille et une vertu : beurre enrichi aux Omégas, yaourt au bifidus etc. En réalité ce n’est que du vent car tous ces produits sont méticuleusement choisis pour nous séduire. Nous croyons acheter des denrées alimentaires aux pouvoirs magiques alors que la réalité est ailleurs ! Si l’on est un tantinet curieux, on aura tôt fait de comprendre que ces présumés adjuvants miraculeux existent naturellement. Antioxydants, vitamines, oligoéléments et les acides aminés sont présents dans une multitude de fruits, de légume et de poissons. Il suffit de s’informer et surtout de varier son alimentation afin de couvrir nos besoins.
Bien manger est à la portée de tous, mais cela nécessite une réflexion sur notre approvisionnement. Il faut accepter de modifier ses habitudes et penser ses courses autrement. Ce petit effort permettra de faire toute la différence et vous procurera plaisir gustatif et visuel.
Il est facile aujourd’hui de s’approvisionner chez nos agriculteurs surtout que notre belle France est une mine d’or.
Cependant, un des produits de première nécessité est encore difficilement accessible en vente directe : le lait. Cela vient du fait que pour satisfaire la clientèle, il faut être très disponible… bien rares sont les fermiers qui le sont. Cependant, depuis peu, c’est la ferme qui vient à nous grâce à un système ingénieux : le distributeur automatique de lait bio ! Il s’agit d’une centrale réfrigérée, généralement placée aux abords d’une grande surface, approvisionnée chaque matin après la traite. D’un côté, il y a les bouteilles vendues, et de l’autre, le libre service. On glisse sa monnaie, une trappe s’ouvre et on enfile le goulot de la bouteille. Pendant le plein laitier, on entend une vache meugler (sauf le jour du seigneur) qui s’arrête lorsque la bouteille est pleine. Ce distributeur est accessible 24h/24 et 7j/7… pratique quand on débauche tard ou quand on a oublié d’acheter son lait. Cette idée nous vient de nos voisins Italiens qui en avaient assez de voir la marge de leur bénéfice s’amenuiser. A titre indicatif, le lait au distributeur coûte 1, 10 euros, à peine plus cher qu’un lait cru acheté au rayon frais et qui ne sera pas forcément bio. Depuis quelques temps, l’implantation de ces distributeurs automatiques augmentent non seulement à la campagne, mais aussi dans les grandes villes comme Bordeaux… de quoi ravir les citadins en manque de verdure ! Je peux vous dire que je fais des laitages qui ravissent le palais de mes gourmands et que certains de nos hôtes découvrent un goût un peu oublié.
Le but de mon article n’est certainement pas de vous décourager, loin sans faut. Nous autres consommateurs, sommes la proie de fournisseurs peu scrupuleux, mais rappelez-vous, ce que nous mettons dans nos assiettes est primordial pour notre santé. L’alimentation est le carburant de notre corps : bien nourri, il est plus résistant.
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